En route pour la révolution BIM

All aboard the BIM revolution
Le BIM gagne du terrain dans le secteur de la construction

L’intérêt de la Modélisation des données du bâtiment est qu’elle permet de gérer un projet bâtiment du design à la construction, tant sur le plan fonctionnel que sur le plan organisationnel. Cette méthodologie peut être utilisée à toutes les étapes du cycle de vie d’un bâtiment, et non uniquement pour les phases de conception et de construction.

BIM – Faire évoluer nos méthodes de travail

Le concept BIM existe depuis déjà quelques décennies, mais il n’a pas encore réussi à s’imposer. Pourquoi ? Parce que la Modélisation des données nécessite que nous fassions évoluer nos méthodes de travail, estime Wesley Benn, spécialiste BIM et Dirigeant de RTC Events.

"La CAO avait représenté un grand pas en avant en son temps"
, explique Benn. "Elle était bien plus efficace que le dessin à la main, mais elle ne représentait qu’un changement de support, pas un changement dans notre façon de penser. La Modélisation des données du bâtiment représente une nouvelle manière de travailler. Elle est le reflet de la manière de gérer la conception et la construction d’un bâtisseur du 15e siècle. Il savait comment l’objet fonctionnait et quel type de relation il avait avec les autres objets. C’est de cette manière que les professionnels du BIM doivent penser".

Benn explique que lorsque l’on conçoit les bâtiments en 3D, on traduit la maquette en dessins 2D qui peuvent être imprimés sur papier; on repasse ensuite à la maquette 3D pour apporter toutes les modifications nécessaires. "Nous devons nous affranchir des dessins sur papier", estime-t-il". Si nous concevons en 3D, analysons et modifions en 3D, communiquons et gérons en 3D, alors nous échappons à l’incroyable gâchis et aux erreurs inhérentes à nos méthodes actuelles. Nous ne pouvons pas éviter toutes les erreurs, mais nous pouvons réduire considérablement leur fréquence et leur degré de gravité.

Cependant, pour pouvoir bénéficier de tous les avantages que le BIM peut offrir, tous les intervenants doivent s’adapter. Le secteur de la construction est conservateur, et les intervenants principaux, c’est-à-dire les fabricants, architectes, ingénieurs, exploitants, maitres d’ouvrages et gestionnaires des biens immobiliers, se préoccupent surtout de leurs propres besoins. Mais si une majorité d’intervenants comprend la méthodologie et adhère au projet, celui-ci peut bénéficier des avantages apportés par le BIM. 

La clé de l'information

Le plus fort potentiel du BIM ne repose cependant pas dans la maquette 3D elle-même, mais dans le contenu de ses informations. "L’information constitue le cœur du BIM", souligne Benn. "Les informations de la maquette présentent un niveau de détail et de précision encore inégalé ; c’est ce qui change la donne. L’enjeu est de savoir comment accéder à ces informations, et comment les analyser et agir correctement".

Tore Hvidegaard, PDG du bureau d’études technique 3Dbyggeri de Copenhague, au Danemark, nous confie: "Le BIM transforme de pauvres dessins en maquettes 3D intelligentes. Par exemple, un ingénieur qui calcule une installation CVC dans un bâtiment pourra gagner du temps, faire moins d’erreurs, et les modifications se feront bien plus rapidement".

Un modèle BIM de pompe fournit à l’ingénieur des informations non seulement sur des mesures spécifiques mais également sur le débit, le résultat et la pression, des informations qu’il pourra utiliser pour prévoir l’état, du bâtiment dans une configuration donnée.

"Ce qui change vraiment, c’est que le projet est plus transparent"
, explique Hvidegaard. "Comme vous disposez de bien plus d’informations sur le bâtiment, vous pouvez prendre des décisions bien plus tôt, par exemple pour optimiser le rendement énergétique tout au long du cycle de vie du bâtiment".


"Ce qui change vraiment, c’est que le projet est plus transparent"

Tore Hvidegaard, PDG de 3Dbyggeri, Danemark

Tore Hvidegaard
Tore Hvidegaard

Trouver un équilibre

L’un des plus grands défis pour les fabricants comme Grundfos est de fournir des objets BIM renfermant la bonne quantité d’informations, le contenu pouvant être utilisé à des fins très diverses. Il doit y avoir un bon équilibre entre la géométrie et les données, et le contenu doit être adapté à chaque étape de la maquette.

"Le niveau de détail est important", nous confie Benn. "Je veux connaître le débit, le sens d’écoulement, le nom du fabricant, le numéro du modèle, le poids de l’objet et autres données de ce genre, pour pouvoir les intégrer rapidement dans mon cahier des charges. Mais je n’ai pas besoin de voir les brides des raccordements à un stade avancé de la conception, et je ne veux pas non plus d’un contenu qui serait trop "lourd" pour la maquette. Comme dans Revit [l’un des logiciels les plus utilisés pour le BIM ], je dois pouvoir définir le niveau de détail de la maquette, que ce soit sur le plan visuel ou informatif".

BIM
Avec le BIM, les projets gagneront en transparence, estime Tore Hvidegaard. "Comme vous disposez de bien plus d’informations, vous pouvez prendre des décisions bien plus tôt, par exemple pour optimiser le rendement énergétique tout au long du cycle de vie du bâtiment".

Pour de nombreux experts, établir une norme mondiale unique permettrait au BIM de percer. Mais pour plusieurs raisons, cette vision semble encore bien lointaine. L’une d’elles est que les règlementations et la législation en matière de construction varient d’un pays à l’autre. Les clients ne veulent pas non plus être enfermés dans une norme provenant d’un éditeur de logiciels. "Une norme unique, adoptée de façon universelle, est un rêve magnifique, mais n’est et ne reste que cela", affirme Benn. "Les fluctuations que connaissent les normes graphiques, les méthodes de travail, le langage et la culture de la construction rendent ce rêve inaccessible. Sans adhésion universelle à la méthodologie, cela reste simplement une nouvelle norme. Elle ajoute à la confusion, elle n’aide pas à la lever".


“Une norme unique, adoptée de façon universelle, est un rêve magnifique, mais n’est et ne reste que cela"

Wesley Benn, Dirigeant de RTC Events et spécialiste du BIM

Wesley Benn
Wesley Benn

Dans une importante industrie de renommée mondiale le BIM n’est utilisé que pour une minorité de projets de construction. D’une certaine manière, ce sont les développeurs de logiciels qui poussent à évoluer vers le BIM, mais ils sont dépendants de la maturité du marché. La géographie joue également un rôle. En Amérique du Nord, par exemple, les gros entrepreneurs perçoivent le BIM comme un outil permettant des économies d’échelle. En Europe, ce sont les initiatives des gouvernements régulant les méthodes de travail qui conduisent le changement.

"Depuis 2007, la règlementation danoise exige que les bâtiments publics soient dessinés à l’aide de maquettes BIM", souligne Hvidegaard. "Cela représente pas loin de 50 % du marché danois. On constate la même évolution en Norvège et en Finlande". Benn, qui a basé son activité à Sydney, en Australie, explique : "En Australie et en Nouvelle-Zélande, les architectes poussent au changement, tandis qu’en Asie, et au Japon en particulier, ce sont les personnes en charge de la gestion des bâtiments et de la maintenance qui réclament le BIM".

Visite virtuelle

À l’avenir, le développement de nouvelles techniques telles que la réalité virtuelle (VR) ou la réalité augmentée (AR) devraient faire accélérer la transition vers le BIM, ces deux techniques rendant la Modélisation des données à la fois plus efficace et plus adaptable. Les casques Microsoft Hololens et Oculus permettent de se déplacer au sein d’un bâtiment en voyant à quoi un appartement ressemblera ou comment le raccordement est réalisé avant même que la construction ait débuté. Le concept de visite virtuelle peut également être utilisé lors de la phase de conception, ce qui permet d’apporter une toute nouvelle perspective sur la sécurité lors des tests de conception. 

En tant qu’entrepreneur, vous pouvez, par exemple, utiliser un appareil tel que le casque Daqri Smart pour aller inspecter une canalisation donnée sur un site et récupérer les informations sur la date de dernière inspection et savoir si un second contrôle est nécessaire Ces techniques devraient entraîner une transformation radicale de la façon de travailler avec tous ceux qui interviennent dans la construction, estime Benn. "Certaines personnes utilisent déjà les technologies VR et AR pour améliorer la conception, la communication avec le client et la gestion des bâtiments. L’évolution rapide de ces technologies a permis de réduire la taille, d’augmenter les performances et de baisser considérablement le prix des dispositifs, ce qui m’incite à penser qu’on pourra observer leur généralisation d’ici trois à cinq ans".

Que le moteur du changement vers l’adoption des méthodes de travail BIM soit humain ou matériel, tout semble indiquer que la Modélisation des données du bâtiment est vouée à s’imposer.

"Le BIM, c’est l’avenir", affirme Hvidegaard. "C’est seulement une question de temps. Si vous utilisez un outil qui est 30 à 40 % plus rapide, vous l’utiliseriez uniquement pour la moitié de vos projets ou pour tous ? On ne peut pas revenir en arrière".

BIM

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